Le Premier ministre François Fillon ne devrait pas croiser la route des syndicats de salariés de la Réunion lors de sa visite la semaine prochaine. Celui-ci venant
évoquer le sujet des états généraux de l’Outre-mer, l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGTR, FSU, UNSA, Solidaires) a indiqué que la Réunion n’avait “rien à attendre” de la visite du Premier ministre
et critiqué sa politique. “Nous ne voulons pas de cette politique de casse sociale. François Fillon manque d’ambition pour la France, notamment sur le dossier des retraites”, a déclaré Armand
Hoareau (UNSA), déplorant aussi “la casse du secteur public au moment où le privé détruit des emplois”. L’intersyndicale ne lancera pas de mot d’ordre de grève à l’occasion de la visite du
Premier ministre, compte tenu de la situation sociale déjà tendue et du préjudice pour le salarié déjà menacé de perdre son emploi en ces temps de crise. En revanche, les syndicats invitent les
militants et les Réunionnais à venir débattre de l’avenir social et économique de l’île le jeudi 9 juillet à 17 heures à la salle polyvalente de la mairie de Saint-Denis. Les organisations
syndicales ont aussi rappelé pourquoi elles avaient décidé, de manière singulière mais réfléchie, de ne pas participer aux débats des états généraux. Pour l’intersyndicale, les états généraux de
l’Outre-mer, “réponse hâtive de l’Etat à la crise née aux Antilles en début d’année”, seraient téléguidés depuis Paris et ne tiendraient pas compte de “la temporalité” des Dom. “Ce qui se passe
depuis le début de l’événement ne fait que confirmer notre analyse. Le résultat des états généraux risque de venir grossir le désespoir des populations domiennes”, craint le leader syndical, Ivan
Hoareau (CGTR)